Arnold Gerrit Henskes (1912-1948), mieux connu sous le nom de scène Mirin Dajo, suscita de vives réactions en Europe après la Seconde Guerre mondiale, autant chez les spectateurs que dans le corps médical. En effet, l’homme, aidé par un assistant, était transpercé de diverses aiguilles en acier, ou même par des épées. Il s’était fait transfixier au niveau du cou, du thorax ou encore au niveau des reins. Mirin Dajo se serait transfixié plus de 500 fois, essentiellement en Suisse, devant public et même devant des comités de médecins[1]. L’homme provoqua tant d’émoi que ses performances furent tout simplement interdites. Révolté, Mirin Dajo voulut prouver son « invulnérabilité » en avalant une « dague » en 1948. Malheureusement, c’est cette performance qui mit fin à sa vie, quelques jours plus tard, après une « transe » et un « coma »[2].

En ce qui concerne ces performances, il ne semble pas y avoir de consensus absolu sur l’explication, mais la plupart des médecins pensent à des insertions progressives qui auraient permis la formation d’une fistule (sorte de canal de peau) qui permet d’isoler l’épée des organes, ce qui expliquerait l’absence de sang et la nécessité de transpercer à des endroits précis.

Ci-dessous, vous trouverez un petit reportage réalisé par British Pathé en 1947, où l’on voit les images de la démonstration devant un comité de médecins[3].

Sources

[1] Le monde du mystère: occultisme et illusionnisme, Combat : organe du Mouvement de libération française, 25 mars 1948, Couverture, BNF RES-G-1470 

[2] La dague de Mirin Dajo, Combat : organe du Mouvement de libération française, 2 juin 1948, p. 2, BNF RES-G-1470 

[3] The Man Who Defies Death, British Pathé, 29 septembre 1947, id: 1191.26, 2m10s

Pour aller plus loin

Si vous arrivez à mettre la main dessus, vous pouvez poursuivre votre compréhension de l’homme par la lecture de « Das Wunder – Mirin Dajo » (2004) de Luc Bürgin (en allemand) (ISBN: 9783930219742)