{"id":1515,"date":"2020-01-17T16:23:43","date_gmt":"2020-01-17T15:23:43","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=1515"},"modified":"2020-05-28T21:50:11","modified_gmt":"2020-05-28T19:50:11","slug":"whiplash","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/01\/17\/whiplash\/","title":{"rendered":"Whiplash"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1518\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"563\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3-768x432.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash3-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1070\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-100-e1578867941828.png\" alt=\"\" width=\"158\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p><strong>Il est difficile de regarder <em>Whiplash<\/em> actuellement sans tirer des parall\u00e8les avec le mouvement #metoo qui secoue Hollywood depuis 2017. Bien qu\u2019\u00e0 caract\u00e8re sexuel, cette vague de d\u00e9nonciation a permis de conscientiser une population qui taisait, pour diverses raisons, des abus de pouvoir en situation de travail ou de relation amoureuse. Le deuxi\u00e8me film de Damian Chazelle (<em>La La Land<\/em>, <em>First Man<\/em>) est assur\u00e9ment son plus intime. D\u00e9criant cette relation entre un professeur de jazz et son \u00e9l\u00e8ve, on a fort \u00e0 parier que plusieurs se sont reconnus \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de leur vie. Plongeons au c\u0153ur de ce milieu difficile qu\u2019est la musique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019amour du jazz<\/strong><\/p>\n<p>On suit Andrew (Miles Teller), un \u00e9tudiant de premi\u00e8re ann\u00e9e au conservatoire de musique Shaffer, plus prestigieuse \u00e9cole du genre des \u00c9tats-Unis. Jouant de la batterie, il tente tant bien que mal de d\u00e9crocher le \u00ab\u00a0premier r\u00f4le\u00a0\u00bb de l\u2019orchestre de sa classe. Fletcher (J.K. Simmons, tout simplement magistral) le remarque alors qu\u2019Andrew pratique seul apr\u00e8s les heures de cours. Ce r\u00e9put\u00e9 professeur est en effet \u00e0 la recherche d\u2019un nouveau batteur pour son propre orchestre, et \u00e9coute souvent aux portes des autres classes dans le but de d\u00e9nicher sa perle rare. Il la trouve en Andrew, qui est rapidement ajout\u00e9 (et non int\u00e9gr\u00e9) au sein du groupe de musiciens de Fletcher. Redoutant la r\u00e9putation tyrannique du professeur, il est pr\u00eat \u00e0 tout pour lui prouver sa valeur.<\/p>\n<p>S\u2019ensuit alors pendant pr\u00e8s de 90 minutes une relation amour-haine nocive entre le professeur et son \u00e9l\u00e8ve. Dans le but de pousser Andrew \u00e0 se d\u00e9passer, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 user de chantage \u00e9motionnel, le manipuler et lui demander d\u2019effectuer des t\u00e2ches quasi-impossibles. D\u2019une part, Fletcher croit que personne ne devrait se satisfaire de ne pas atteindre la perfection (\u00ab\u00a0<em>There are no two words in the English language more harmful than \u2018good job\u2019<\/em>\u00a0\u00bb), de l\u2019autre, Andrew est trop orgueilleux pour se d\u00e9courager, et tente v\u00e9ritablement de se d\u00e9passer \u00e0 chaque mesure pour satisfaire lui-m\u00eame et son professeur. Si c\u2019est une histoire qu\u2019on connait tous un peu, l\u2019ex\u00e9cution est quant \u00e0 elle sans faille.<\/p>\n<p>Les r\u00e9pliques acerbes de Fletcher sont r\u00e9dig\u00e9es d\u2019une main de ma\u00eetre par Chazelle. Il est difficile de rester passif face aux insultes cr\u00e9atives et mesquines du professeur, qui placent l\u2019auditoire en constant dilemme entre rire et empathie. Les situations, toutes cr\u00e9dibles bien que parfois sensationnalistes, culminent vers une sc\u00e8ne finale \u00e0 l\u2019image du film. En fait, le questionnement constant qui nous habite est le suivant\u00a0: doit-on se r\u00e9jouir de voir Andrew devenir meilleur apr\u00e8s chaque attaque de Fletcher, ou doit-on plut\u00f4t souhaiter qu\u2019Andrew quitte pour de bon cette relation toxique? Si <em>Whiplash<\/em> nous fait ressentir toutes ces \u00e9motions aussi vivement, que dire de ceux et celles qui vivent jour apr\u00e8s jour avec ce lourd fardeau\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1516\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash-300x125.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash-1024x427.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash-150x63.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/Whiplash-768x320.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9alisation sans faille<\/strong><\/p>\n<p>Damien Chazelle, \u00e0 l\u2019\u00e9poque un parfait inconnu, a d\u00fb trimer dur pour voir son film se r\u00e9aliser. Tentant d\u2019obtenir du financement (sans succ\u00e8s), il d\u00e9cide plut\u00f4t de tourner un court m\u00e9trage du m\u00eame nom (et avec Simmons lui-m\u00eame). Acclam\u00e9 \u00e0 Sundance (o\u00f9 il obtient le prix du Jury), il parvient finalement \u00e0 adapter son sc\u00e9nario au grand \u00e9cran en 2014. Tr\u00e8s bon flair de la maison de production Blumhouse, puisque le film, en plus d\u2019\u00eatre rentable, se verra d\u00e9cerner 3 Oscars et une nomination dans la cat\u00e9gorie du meilleur film. \u00c9galement pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Sundance, il d\u00e9crochera le Grand Prix du Jury en plus de l\u2019Audience Award.<\/p>\n<p>Tous ces \u00e9loges sont grandement m\u00e9rit\u00e9s. Si le film repose essentiellement sur le duo Teller-Simmons, Chazelle ne donne pas sa place en tant que r\u00e9alisateur. Plusieurs plans serr\u00e9s, donnant \u00e0 l\u2019auditoire l\u2019impression d\u2019\u00eatre enferm\u00e9 dans cette relation tyrannique, s\u2019harmonisent avec des sc\u00e8nes magnifiques pr\u00e9sentant les bons et les mauvais c\u00f4t\u00e9s de la musique jazz. Gros plans sur la salive expuls\u00e9e d\u2019une trompette, coup retentissant sur une cymbale napp\u00e9e de sang et de sueur, et g\u00e9n\u00e9ralement une belle r\u00e9alisation dynamique des morceaux musicaux font de <em>Whiplash<\/em> un film tr\u00e8s \u00e9lectrisant et prenant. Et que dire de cette trame sonore envo\u00fbtante et sympathique, faisant contraste avec la lourdeur inh\u00e9rente du film.<\/p>\n<p><strong>Deux noms\u00a0: Simmons et Teller<\/strong><\/p>\n<p>Le film fonctionne en grande partie en raison de l\u2019incroyable performance de J.K. Simmons. Il est le mince fil qui fait pencher <em>Whiplash<\/em> du c\u00f4t\u00e9 des chefs-d\u2019\u0153uvre plut\u00f4t que des films moyens. Il se d\u00e9gage de son personnage \u00e0 la fois un charisme d\u00e9sarmant et une col\u00e8re terrifiante. Plusieurs personnes y reconna\u00eetront un ancien professeur, un patron ou, plus tristement, un parent. Le statut de Fletcher au sein de la sc\u00e8ne musicale new-yorkaise fait qu\u2019il existe une culture du silence sur les actes r\u00e9pr\u00e9hensibles qu\u2019il pose sur ses \u00e9tudiants. On y constate de tristes parall\u00e8les avec le mouvement #metoo, ou encore l\u2019affaire Gilbert Sicotte.<\/p>\n<p>Simmons est exceptionnel, comme le d\u00e9montre les 47 prix que l\u2019acteur a re\u00e7us pour ce r\u00f4le uniquement. Toutefois, le jeune Miles Teller livre une tr\u00e8s bonne performance, d\u2019autant plus lorsqu\u2019on sait qu\u2019il a effectu\u00e9 plus de la moiti\u00e9 des sc\u00e8nes de percussion, sc\u00e8nes qui sont particuli\u00e8rement exigeantes. Il se donne corps et \u00e2me dans ce projet, subissant tous les s\u00e9vices mentaux et corporels que veut bien lui imposer Fletcher. \u00c0 deux, ils portent \u00e0 bout de bras <em>Whiplash<\/em> et s\u2019affirment comme l\u2019un des meilleurs duos du cin\u00e9ma, rien de moins.<\/p>\n<div id=\"attachment_1520\" style=\"width: 1010px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1520\" class=\"size-full wp-image-1520\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"563\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5-768x432.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/whiplash5-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><p id=\"caption-attachment-1520\" class=\"wp-caption-text\">Whiplash-6613.cr2<\/p><\/div>\n<p><strong>Un chef-d\u2019\u0153uvre<\/strong><\/p>\n<p>Il existe une panoplie de films ayant pour sujet la musique. Pourtant, <em>Whiplash<\/em> est unique en son genre. C\u2019est un film qui vous fera sentir mal \u00e0 l\u2019aise tout du long. On comprend les motivations et les raisons derri\u00e8re le comportement abusif de Fletcher ; si ses intentions sont louables, sa m\u00e9thode laisse \u00e0 d\u00e9sirer. C\u2019est un film qui pr\u00eache par la nuance et qui ne prend au final que peu position sur la question. On sent que ce film existe pour d\u00e9crier la situation de personnes comme Andrew, qui pourtant ne semble pas vouloir en sortir. La sc\u00e8ne finale, o\u00f9 l\u2019on croit que nous aurons enfin satisfaction, nous laisse pantois en raison de son ambigu\u00eft\u00e9. Des films comme <em>Whiplash<\/em>, il n\u2019en existe que trop peu.<\/p>\n<p><em>Fait partie des <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/1001-films-a-voir\/\">1001 films \u00e0 voir avant de mourir<\/a>.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est difficile de regarder Whiplash actuellement sans tirer des parall\u00e8les avec le mouvement #metoo qui secoue Hollywood depuis 2017. 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