{"id":1523,"date":"2020-01-17T16:32:32","date_gmt":"2020-01-17T15:32:32","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=1523"},"modified":"2020-01-17T20:47:41","modified_gmt":"2020-01-17T19:47:41","slug":"no-blade-of-grass","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/01\/17\/no-blade-of-grass\/","title":{"rendered":"No Blade of Grass"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1526\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3-300x156.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3-1024x533.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3-150x78.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass3-768x400.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-1076 size-full\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-3-e1578868461161.png\" alt=\"\" width=\"95\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p><strong>Dans le cadre d\u2019une programmation sp\u00e9ciale des films de science-fiction des ann\u00e9es 1970, le <a href=\"https:\/\/www.criterionchannel.com\/\">Criterion Channel<\/a> nous offre la chance de d\u00e9couvrir des films plus ou moins connus. L\u2019un de ces films m\u00e9connus est assur\u00e9ment <em>No Blade of Grass<\/em>, sorti dans la plus totale indiff\u00e9rence en 1970. On comprend ais\u00e9ment pourquoi il n\u2019a pas connu le succ\u00e8s des <em>Mad Max<\/em>, <em>A Clockwork Orange <\/em>et <em>Westworld<\/em> de son temps. Toutefois, ce film pourrait \u00eatre fait aujourd\u2019hui et \u00eatre encore d\u2019actualit\u00e9. Plongeons ensemble au c\u0153ur d\u2019un Royaume-Uni dystopique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un message environnementaliste<\/strong><\/p>\n<p>Une catastrophe secoue le monde entier. Les ressources agricoles sont contamin\u00e9es, entrainant une famine mondiale d\u00e9vastatrice. Plusieurs millions de personnes sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es, principalement en Asie, en Afrique et en Am\u00e9rique latine, mais la menace touche maintenant la population des grandes villes d\u2019Europe. Les Custance, famille ais\u00e9e de Londres, sont avis\u00e9s qu\u2019un blocus s\u2019\u00e9tablit rapidement, dans le but d\u2019emp\u00eacher la population de quitter la m\u00e9tropole. On veut ainsi \u00e9viter les soul\u00e8vements de foule, ce qui ne fonctionnera \u00e9videmment pas. Ils d\u00e9cident alors de fuir le plus rapidement possible vers une maison de campagne ou, croient-ils, ils seront en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9misse est assez typique des romans et films dystopiques. Bien que <em>No Blade of Grass<\/em> ne r\u00e9volutionne pas le genre, il est n\u00e9anmoins l\u2019un des premiers \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9, dans une d\u00e9cennie marqu\u00e9e par plusieurs inqui\u00e9tudes et un essor de la conscience environnementale l\u00e9gu\u00e9e de la culture <em>hippie<\/em>. L\u2019acteur devenu r\u00e9alisateur Cornel Wilde nous pose ici la question\u00a0: comment la population r\u00e9agirait-elle en cas de crise alimentaire mondiale? La r\u00e9ponse, loin de nous surprendre, est assez pessimiste.<\/p>\n<p>Un peu comme dans <em>Mad Max <\/em>ou <em>Dawn of the Dead<\/em>, les Custance sont \u00e0 la merci d\u2019un groupe de motards anarchistes qui sillonnent les campagnes anglaises. Ils devront par moment se cacher, fuir et combattre ce regroupement. Avec les blocus entourant la plupart des grandes villes, il est tr\u00e8s difficile de circuler, et les gens des villages que les Custance traverseront seront tous hostiles \u00e0 leur pr\u00e9sence. S\u2019ensuit un <em>road trip<\/em> vers ce fameux \u00e9den tant esp\u00e9r\u00e9, sorte de <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2019\/10\/03\/national-lampoons-vacation\/\"><em>National Lampoon\u2019s Vacation <\/em><\/a>post-apocalyptique o\u00f9 tout va pour le mal. Si les situations sont somme toutes assez simplistes, on a tout de m\u00eame droit \u00e0 plusieurs sc\u00e8nes assez marquantes, exprimant toute la bassesse dont l\u2019humain est capable.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1525\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2-300x156.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2-1024x533.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2-150x78.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass2-768x400.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><strong>Un style sensationnaliste<\/strong><\/p>\n<p><em>No Blade of Grass <\/em>se veut en quelque sorte comme un film <em>d\u2019exploitation<\/em>, avec son petit budget et ses grandes ambitions. Le personnage principal aux allures de dur \u00e0 cuir (notamment avec son cache-\u0153il qui rappelle Kurt Russell dans <em>Escape from New-York<\/em>) et les nombreux jeux de couleurs ou <em>freeze-frames<\/em> sensationnalistes contribuent \u00e0 cr\u00e9er ce sentiment typique des films d\u2019<em>exploitation<\/em>. Cela rend le tout un peu ringard avec du recul, mais c\u2019est probablement l\u2019intention du r\u00e9alisateur. Les amateurs du genre pourront y trouver leur compte, bien que le film ne s\u2019assume pas \u00e0 la hauteur d\u2019un <em>Big Trouble in Little China<\/em>, par exemple.<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nario, assez simpliste, est tout de m\u00eame par moment confus. Les nombreuses ellipses parsemant le film n\u2019ajoutent rien si ce n\u2019est de pr\u00e9venir l\u2019auditoire des atrocit\u00e9s \u00e0 venir. Apr\u00e8s tout, ils ne sont pas l\u2019\u0153uvre de l\u2019un des personnages, et aucun d\u2019eux ne semble avoir conscience de ces pr\u00e9monitions. Peut-\u00eatre est-ce pour exprimer un semblant de destin\u00e9e ; de d\u00e9terminisme envers les protagonistes, mais aucune explication claire n\u2019est pourvue. On aurait souhait\u00e9 plus de limpidit\u00e9, d\u2019autant plus que le film ne manque pas d\u2019\u00eatre <em>in your face<\/em> par moment. Les sc\u00e8nes o\u00f9 l\u2019\u00e9lite anglaise se r\u00e9gale devant un buffet \u00e0 volont\u00e9 tout en regardant des victimes de la famine mondiale qui s\u00e9vit est aussi subtil qu\u2019un film de Pierre Falardeau, et les divers extraits d\u2019archives ont clairement l\u2019intention de marquer le spectateur de l\u2019\u00e9poque. Ce contraste, parmi tant d\u2019autres au long du film, nous fait plus sourire qu\u2019autre chose.<\/p>\n<p>\u00c0 budget limit\u00e9, <em>No Blade of Grass <\/em>parvient n\u00e9anmoins \u00e0 bien rendre l\u2019univers post-apocalyptique. \u00ab\u00a0<em>This motion picture is not a documentary, but it could be <\/em>\u00bb, comme l\u2019indique le narrateur \u00e0 la fin du film. Nous sommes du m\u00eame avis, puisque le but du film est de secouer une g\u00e9n\u00e9ration non conscientis\u00e9e aux effets de l\u2019homme sur la plan\u00e8te, peut-\u00eatre m\u00eame plus que de divertir son public. Des images choquantes de famine, de pollution, de viol et m\u00eame de mortalit\u00e9 infantile contribuent \u00e0 cr\u00e9er un univers dystopique pourtant tir\u00e9 d\u2019archives contemporaines. Avec du recul, on voit comment ce film \u00e9tait en avance sur son temps.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1527\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"416\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4-300x125.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4-1024x426.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4-150x62.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass4-768x319.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><strong>Un bon film, mais qui tombe \u00e0 plat<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019univers que Wilde parvient \u00e0 \u00e9laborer est somme toute bien r\u00e9ussi, malgr\u00e9 le peu de moyens du film. En fait, le film ne rel\u00e8ve de la science-fiction que par ses id\u00e9es, puisque les d\u00e9cors et accessoires sont tr\u00e8s banals, ternes. Les extraits radiophoniques et t\u00e9l\u00e9visuels permettent d\u2019\u00e9tendre l\u2019univers au-del\u00e0 de celui explor\u00e9 par les Custance et leur groupe, qui se r\u00e9sume essentiellement aux campagnes anglaises, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s banales. Les acteurs et actrices sont toutefois plus que cr\u00e9dibles, malgr\u00e9 le peu d\u2019exp\u00e9rience qu\u2019ils avaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Du lot, Nigel Davenport remplit efficacement le r\u00f4le de leader du groupe. C\u2019est toutefois Lyonne Frederick qui vole la vedette, \u00e0 notre avis. \u00c0 son premier r\u00f4le en carri\u00e8re, elle compose habilement avec une sc\u00e8ne de viol assez graphique (dont le tournage est apparemment n\u00e9buleux) tout en interpr\u00e9tant avec fragilit\u00e9 le personnage de Mary.<\/p>\n<p>L\u2019un des points forts du film est aussi sa chanson \u00e9ponyme, particuli\u00e8rement prenante. La voix de Roger Whittaker rappelle un peu celle d\u2019Isaac Hayes, et la chanson pourrait ais\u00e9ment se retrouver dans un film de Tarantino. Toutefois, le film a certaines lacunes importantes. Ses longues et r\u00e9p\u00e9titives sc\u00e8nes de fusillades occupent une place importante du r\u00e9cit, sans toutefois faire concr\u00e8tement avancer l\u2019histoire, d\u00e9montrant la superficialit\u00e9 du sc\u00e9nario. Les nombreux jeux de couleur, typiques des ann\u00e9es 1970, sont aussi inexpliqu\u00e9s qu\u2019impertinents. <em>No Blade of Grass<\/em> ne se compare pas aux plus grands films de science-fiction de sa d\u00e9cennie. Toutefois, pris dans un tout, il illustre les pr\u00e9occupations d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, qui sont toutes cruellement d\u2019actualit\u00e9 encore aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Ce film fait partie de la collection \u00ab\u00a070\u2019s Sci-fi\u00a0\u00bb pr\u00e9sente en janvier 2020 sur la plateforme de visionnement en direct <a href=\"https:\/\/www.criterionchannel.com\/\">The Criterion Channel<\/a><\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre d\u2019une programmation sp\u00e9ciale des films de science-fiction des ann\u00e9es 1970, le Criterion Channel nous offre la chance de d\u00e9couvrir des films plus&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":1528,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[213,3,100,114],"tags":[],"class_list":["post-1523","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-213","category-critique","category-drame","category-science-fiction"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/No-blade-of-glass5.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1523","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1523"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1523\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1547,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1523\/revisions\/1547"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1528"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1523"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1523"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}