{"id":1601,"date":"2020-01-26T14:40:51","date_gmt":"2020-01-26T13:40:51","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=1601"},"modified":"2020-01-26T14:45:06","modified_gmt":"2020-01-26T13:45:06","slug":"1917","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/01\/26\/1917\/","title":{"rendered":"1917"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1606\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"563\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-768x432.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-1536x864.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1073\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-45-e1578868489313.png\" alt=\"\" width=\"148\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p><em>Cette critique a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le journal Le Collectif. Pour consulter la critique originale, <a href=\"http:\/\/www.lecollectif.ca\/1917-la-plus-grosse-surprise-de-lannee\/\">cliquez ici<\/a>.<\/em><\/p>\n<p><strong>Sam Mendes (<em>American Beauty<\/em>, <em>Skyfall<\/em>) nous livre cette ann\u00e9e l\u2019un de ses projets les plus personnels. Apr\u00e8s une pause de quatre ans, son plus r\u00e9cent long-m\u00e9trage revisite la Premi\u00e8re Guerre mondiale du c\u00f4t\u00e9 britannique. Alors que c\u2019est avec beaucoup de pessimisme que son film a \u00e9t\u00e9 accueilli lors de son annonce, un seul visionnement permet de comprendre \u00e0 quel point <em>1917 <\/em>est unique en son genre. Tourn\u00e9 en plan-s\u00e9quence, ce film en a surpris plus d\u2019un lorsqu\u2019il s\u2019est vu r\u00e9compens\u00e9 du meilleur film aux Golden Globes plus t\u00f4t ce mois-ci. Les \u00e9loges sont-ils justifi\u00e9s? Oui, sur toute la ligne.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Deux messagers en territoire ennemi<\/strong><\/p>\n<p>Le film suit deux soldats britanniques, Schofield (George MacKay, <em>Captain Fantastic<\/em>) et Blake (Dean-Charles Chapman, <em>Game of Thrones<\/em>), positionn\u00e9s dans le nord de la France. Ils sont alors mandat\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral Erinmore (Colin Firth) d\u2019aller rejoindre le 2<sup>e<\/sup> bataillon loin derri\u00e8re les lignes ennemies dans le but de freiner leur attaque planifi\u00e9e contre les Allemands, qui leur ont tendu un pi\u00e8ge. S\u2019enclenche ainsi une course contre la montre pour ces deux soldats, qui doivent atteindre le bataillon avant le lendemain matin s\u2019ils veulent emp\u00eacher cette embuscade qui d\u00e9cimerait plus de 1600 soldats, dont le fr\u00e8re de Blake. Un peu \u00e0 la fa\u00e7on du messager de Marathon dans la Gr\u00e8ce antique, les deux soldats devront parcourir en un temps record la distance qui s\u00e9pare les deux bataillons, traversant le <em>no man\u2019s land<\/em>, les tranch\u00e9es (heureusement abandonn\u00e9es) des Allemands ainsi que quelques villes et villages fran\u00e7ais, d\u00e9truits par la guerre. Ils devront constamment demeurer alertes s\u2019ils esp\u00e8rent accomplir leur mission.<\/p>\n<p><em>1917<\/em> n\u2019est pas un film de guerre traditionnel. Contrairement aux <em>Saving Private Ryan <\/em>et <em>Dunkirk<\/em> de ce monde, Mendes, puisant dans les r\u00e9cits de son grand-p\u00e8re messager durant la Grande Guerre, entend rel\u00e9guer l\u2019action au second plan, rendant plut\u00f4t un r\u00e9cit intimiste et simpliste de ses deux protagonistes. Il s\u2019int\u00e9resse beaucoup plus \u00e0 ses personnages et \u00e0 leur parcours qu\u2019aux batailles au front. D\u00e9non\u00e7ant l\u2019inhumanit\u00e9 de cette guerre (qui a \u00e9t\u00e9 moins exploit\u00e9e au cin\u00e9ma que la Seconde Guerre mondiale), il parvient \u00e0 pr\u00e9senter un r\u00e9cit original et non sensationnaliste, contrastant avec la plupart des films de ce genre. Il fait \u00e9galement le pari de donner les premiers r\u00f4les \u00e0 de jeunes acteurs relativement m\u00e9connus. Ils font un excellent travail et portent le film sur leurs \u00e9paules du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1603\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"477\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3.jpg 1000w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3-300x143.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3-1024x488.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3-150x72.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-3-768x366.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le plan-s\u00e9quence au cin\u00e9ma<\/strong><\/p>\n<p>Parlons de ce plan-s\u00e9quence qui fait la renomm\u00e9e de <em>1917<\/em>. Pour expliquer bri\u00e8vement le concept, il s\u2019agit, dans sa plus simple forme, d\u2019un plan de cam\u00e9ra sans coupure ni interruption. Tr\u00e8s peu de films dans l\u2019histoire peuvent se vanter d\u2019avoir tourn\u00e9 un film entier en plan-s\u00e9quence, et <em>1917<\/em> n\u2019en fait pas partie. C\u2019est en effet un exploit tr\u00e8s difficile \u00e0 r\u00e9aliser, notamment en raison de la pr\u00e9sence de l\u2019\u00e9quipe technique d\u2019un film qui doit constamment s\u2019assurer de bien capter la sc\u00e8ne (\u00e9clairage, son, etc.) Ce film entre plut\u00f4t dans une seconde cat\u00e9gorie, soit celle des films mont\u00e9s pour donner l\u2019impression d\u2019un plan-s\u00e9quence. \u00c9galement tr\u00e8s difficiles \u00e0 r\u00e9aliser, ils ajoutent cependant une certaine marge de man\u0153uvre en cas d\u2019erreurs.<\/p>\n<p>Il est difficile de parler des prouesses techniques de <em>1917<\/em> sans le comparer aux autres films similaires. Deux exemples viennent en t\u00eate automatiquement\u00a0: <em>Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance) <\/em>d\u2019Alejandro Gonz\u00e1lez I\u00f1\u00e1rritu et <em>King Dave <\/em>de Podz. Nous sommes d\u2019avis qu\u2019un tel plan, pour \u00eatre vraiment efficace, doit \u00eatre motiv\u00e9 par une intention claire et affirm\u00e9e qui rend un tournage traditionnel d\u00e9suet. Alors que pour <em>Birdman<\/em> cette technique met en ab\u00eeme l\u2019aspect th\u00e9\u00e2tral du film, dans le cas de <em>King Dave <\/em>elle rehausse la chasse \u00e0 l\u2019homme qui y est entreprise. Le plan-s\u00e9quence de <em>1917<\/em>, beaucoup plus ambitieux que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, est \u00e9videmment justifi\u00e9 par cette intense course contre la montre.<\/p>\n<p>Tandis que <em>Birdman <\/em>se d\u00e9roule au sein d\u2019un th\u00e9\u00e2tre (soit dans un espace assez restreint, malgr\u00e9 les br\u00e8ves sc\u00e8nes ext\u00e9rieures) et est mont\u00e9 comme un plan-s\u00e9quence (contenant 16 segments au total), <em>King Dave<\/em> alterne entre m\u00e9tro, appartements et sc\u00e8nes ext\u00e9rieures nocturnes en un seul plan continu. <em>1917<\/em> emprunte les techniques de ces deux films. Le vrai plan-s\u00e9quence est d\u00fb au montage (avec une coupure nette et assum\u00e9e au milieu du film). Toutefois, les sc\u00e8nes se d\u00e9roulent en alternance \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, le jour comme la nuit. Cela ajoute grandement au coefficient de difficult\u00e9, ce que les autres films ne se sont pas risqu\u00e9s \u00e0 faire jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Assurer la continuit\u00e9 de la lumi\u00e8re du jour, de la temp\u00e9rature et de la couverture nuageuse entre les sc\u00e8nes diurnes est une t\u00e2che colossale, d\u2019autant plus que les protagonistes sont rarement au m\u00eame endroit pendant plus d\u2019une dizaine de minutes. La pluralit\u00e9 des lieux, des environnements, des situations et des temps de la journ\u00e9e ajoute une complexit\u00e9 que peu ont su d\u00e9jouer dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>\u00c0 ce chapitre, Mendes et son directeur photo Roger Deakins (qui a fr\u00e9quemment travaill\u00e9 avec Denis Villeneuve et qui s\u2019est vu r\u00e9compens\u00e9 d\u2019un Oscar pour <em>Blade Runner 2049<\/em>) ont su relever le d\u00e9fi avec brio. Le travail de cette \u00e9quipe est tout simplement magistral. En plus d\u2019avoir coordonn\u00e9 ces sc\u00e8nes \u00e0 grand d\u00e9ploiement, ils sont parvenus \u00e0 rendre le visuel tr\u00e8s esth\u00e9tique \u00e0 l\u2019\u00e9cran. On passe du brun terne des tranch\u00e9es au vert \u00e9clatant des pr\u00e9s fran\u00e7ais, du gris des champs de bataille \u00e0 l\u2019orange des villes en flammes. La sc\u00e8ne nocturne \u00e0 elle seule d\u00e9montre l\u2019\u00e9tendue de leur vision. En faisant survoler une fus\u00e9e-\u00e9clairante au-dessus d\u2019une ville en ruine, ils parviennent \u00e0 bien illuminer la sc\u00e8ne tout en cr\u00e9ant une ambiance angoissante extr\u00eamement efficace. Cette sc\u00e8ne, parmi tant d\u2019autres, n\u2019est qu\u2019un des incitatifs \u00e0 aller voir <em>1917<\/em> en sur grand \u00e9cran. \u00c0 moins d\u2019une surprise majeure, chacun d\u2019eux recevront leur seconde statuette en f\u00e9vrier prochain.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1607\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-6.jpg\" alt=\"\" width=\"948\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-6.jpg 948w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-6-300x138.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-6-150x69.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-6-768x352.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 948px) 100vw, 948px\" \/><\/p>\n<p><strong>Le film de l\u2019ann\u00e9e?<\/strong><\/p>\n<p><em>1917<\/em> a tous les attributs pour remporter l\u2019Oscar du meilleur film. Des aspects techniques in\u00e9gal\u00e9s, une histoire universelle et originale (malgr\u00e9 des dialogues peu inspir\u00e9s), une ambiance sonore et visuelle envo\u00fbtante\u2026 Tant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9lever aupr\u00e8s des plus grands films de guerre de l\u2019histoire. De n\u00e9glig\u00e9, il est d\u00e9sormais, \u00e0 notre avis, favori pour remporter les grands honneurs et r\u00e9p\u00e9ter l\u2019exploit de <em>Birdman<\/em> en 2015. Il ne faut toutefois pas discr\u00e9diter <em>The Irishman, <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/01\/13\/1271\/\">Parasite<\/a> <\/em>et <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/01\/13\/once-upon-a-time-in-hollywood\/\"><em>Once Upon a Time\u2026 in Hollywood<\/em><\/a>, tous de s\u00e9rieux pr\u00e9tendants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette critique a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le journal Le Collectif. Pour consulter la critique originale, cliquez ici. Sam Mendes (American Beauty, Skyfall) nous livre&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":1604,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[262,3,100,120],"tags":[],"class_list":["post-1601","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-262","category-critique","category-drame","category-guerre-anti-guerre"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/01\/1917-4.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1601"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1611,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1601\/revisions\/1611"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1604"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}