{"id":1762,"date":"2020-03-03T01:01:44","date_gmt":"2020-03-03T00:01:44","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=1762"},"modified":"2020-05-28T21:49:17","modified_gmt":"2020-05-28T19:49:17","slug":"portrait-de-la-jeune-fille-en-feu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/03\/03\/portrait-de-la-jeune-fille-en-feu\/","title":{"rendered":"Portrait de la jeune fille en feu (Portrait of a Lady on Fire)"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"n3VNCb aligncenter\" src=\"https:\/\/i.ytimg.com\/vi\/YcHB6eE3I1k\/maxresdefault.jpg\" alt=\"Image result for portrait of a lady on fire\" data-noaft=\"1\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1073\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-45-e1578868489313.png\" alt=\"\" width=\"148\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p><strong>Dans la France des ann\u00e9es 1770, Marianne, une peintre de renomm\u00e9e, obtient le contrat de produire le portrait de mariage d\u2019H\u00e9lo\u00efse, fille d\u2019une comtesse promise \u00e0 un Suisse. Marianne doit cependant peindre \u00e0 l\u2019insu de son mod\u00e8le puisque l\u2019id\u00e9e d\u2019un mariage arrang\u00e9 avec un homme qu\u2019elle ne conna\u00eet pas ne l\u2019enchante gu\u00e8re et qu\u2019elle saboterait le travail accompli si elle venait \u00e0 l\u2019apprendre, l\u2019ayant d\u00e9j\u00e0 fait avec les pr\u00e9d\u00e9cesseurs de l&rsquo;artiste.<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose que l\u2019on remarque dans <em>Portrait de la jeune fille en feu<\/em> est le fait qu\u2019il n\u2019y ait qu\u2019un nombre limit\u00e9 d\u2019hommes dans son r\u00e9cit. On nous emm\u00e8ne d\u2019abord dans la salle de classe de Marianne, professeure de peinture pour jeunes filles. Puis, lorsque l&rsquo;histoire d\u00e9bute, racont\u00e9e sous forme de souvenir, les seuls hommes que l\u2019on voit sont l\u2019\u00e9quipage du bateau qui am\u00e8nera Marianne au ch\u00e2teau de la comtesse, puis le messager qui vient r\u00e9cup\u00e9rer le portrait pour l\u2019envoyer \u00e0 l\u2019\u00e9poux suisse.<\/p>\n<p>Alors que ce pourrait para\u00eetre comme un d\u00e9tail, le fait de ne rencontrer que des femmes dans le film sert son propos d\u2019une d\u00e9licieuse fa\u00e7on. Par ce choix, C\u00e9line Sciamma nous avise que l&rsquo;aventure dans laquelle nous allons nous lancer est celle de femmes fortes et ind\u00e9pendantes, dans leurs relations entre femmes, sans que celles-ci ne soient teint\u00e9es de la pr\u00e9sence des hommes. La solidarit\u00e9, l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019amour, m\u00eame, n\u2019en seront que plus solides.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"n3VNCb aligncenter\" src=\"https:\/\/images.radio-canada.ca\/w_635,h_357\/v1\/ici-info\/16x9\/portrait-jeune-fille-feu-tiff-2019.jpg\" alt=\"Image result for portrait de la jeune fille en feu 1600x900\" data-noaft=\"1\" \/><\/p>\n<p>On ne pourrait passer sous silence \u00e9galement le choix de la r\u00e9alisatrice d&rsquo;effacer les classes sociales. Quand ce n\u2019est pas Marianne qui a une conversation ouverte et franche avec la m\u00e8re d\u2019H\u00e9lo\u00efse, c\u2019est Sophie, la m\u00e9nag\u00e8re, qui prend son repas \u00e0 la m\u00eame table que la comtesse et l\u2019artiste, dans la complicit\u00e9 et les rires.<\/p>\n<p><em>Portrait de la jeune fille en feu<\/em> est construit comme un tableau\u00a0: les plans serr\u00e9s sur les visages nous font prendre la place de Marianne observant H\u00e9lo\u00efse. On analyse alors la distinction des teintes entre le haut et le bas de son oreille dans le soleil, la finesse de sa peau, les mouvements de ses sourcils. En compl\u00e9ment aux plans, la lumi\u00e8re, sous forme de chandelles, soleil ou feux, en r\u00e9action aux v\u00eatements et aux corps, est tout simplement extraordinaire. Les d\u00e9cors, quant \u00e0 eux bien simples, servent d\u2019arri\u00e8re-plan au portrait, laissant la place aux personnages qui sont devant, dans un contraste marqu\u00e9 de chaleur. La plage, venteuse et froide, et la chambre de Marianne, plut\u00f4t sombre et triste, s\u2019opposent \u00e0 la naissance du d\u00e9sir entre les deux femmes et aux couleurs plus franches de leurs costumes, vert et rouge, qui se font face et se compl\u00e9mentent comme autour d\u2019un cercle chromatique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"n3VNCb\" src=\"https:\/\/s3.zff.com\/medialibrary\/2019\/09\/JeuneFilleEnFeu_ZFF19_1600x900.jpg\" alt=\"Image result for portrait de la jeune fille en feu 1600x900\" data-noaft=\"1\" \/><\/p>\n<p>Lorsque le spectateur devient lui-m\u00eame artiste en arrivant \u00e0 comprendre (et vivre) le portrait d\u2019H\u00e9lo\u00efse, on ne peut qu\u2019appr\u00e9cier davantage les nombreux \u00e9lans de brosse ou de crayon sur les toiles. Toujours en plans rapproch\u00e9s, ces moments sont captivants et arrivent \u00e0 nous calmer, d\u2019abord par leur fluidit\u00e9 mais aussi par le son qu\u2019ils d\u00e9gagent. \u00a0Puis, avec toute la po\u00e9sie que l\u2019on constate d\u00e9j\u00e0, l\u2019amour prend naissance entre ces deux femmes qui passent leurs journ\u00e9es \u00e0 s\u2019observer. Et il n\u2019y a aucune faille dans la fa\u00e7on de pr\u00e9senter ce d\u00e9sir.<\/p>\n<p><em>Portrait de la jeune fille en feu<\/em> est d\u00e9licat, sensible et bien dos\u00e9. Ses aspects techniques sont aussi r\u00e9ussis que significatifs, et on prend un doux plaisir \u00e0 voir \u00e9voluer son histoire.<\/p>\n<p><em>Fait partie de la <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/collection-criterion\/\">Collection Criterion<\/a> (#1034)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la France des ann\u00e9es 1770, Marianne, une peintre de renomm\u00e9e, obtient le contrat de produire le portrait de mariage d\u2019H\u00e9lo\u00efse, fille d\u2019une comtesse promise&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":1763,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[262,3,100,277],"tags":[],"class_list":["post-1762","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-262","category-critique","category-drame","category-romance"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/03\/pdljfef.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1762","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1762"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1762\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2410,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1762\/revisions\/2410"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1763"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1762"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1762"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1762"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}