{"id":2030,"date":"2020-04-21T16:13:07","date_gmt":"2020-04-21T14:13:07","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=2030"},"modified":"2020-04-21T16:13:07","modified_gmt":"2020-04-21T14:13:07","slug":"walkabout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/04\/21\/walkabout\/","title":{"rendered":"Walkabout"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2031\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-2.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-2.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-2-300x150.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-2-150x75.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-2-768x384.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1074\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-4-e1578868479280.png\" alt=\"\" width=\"128\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p>Le britannique Nicolas Roeg est assur\u00e9ment l\u2019un des r\u00e9alisateurs les plus m\u00e9connus de l\u2019histoire. Ses films, qui mettent souvent en vedette des stars musicales (David Bowie, Mick Jagger et Art Garfunkel, entre autres) sont souvent pass\u00e9s inaper\u00e7us du grand public. Toutefois, son visuel idiosyncratique et son style narratif caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019usage d\u2019un montage d\u00e9sorientant aura influenc\u00e9 de nombreux autres r\u00e9alisateurs plus connus, comme Christopher Nolan, Danny Boyle et Steven Soderbergh. En fait, Roeg est un ma\u00eetre de la cam\u00e9ra. D\u00e9butant sa carri\u00e8re comme directeur photo sur <em>Lawrence of Arabia<\/em>, <em>Doctor Zhivago <\/em>(il devra cependant quitter en raison d\u2019un conflit cr\u00e9atif avec David Lean) et <em>Fahrenheit 451<\/em>, son premier film, <em>Performance<\/em> (dont il est cor\u00e9alisateur) ne conna\u00eetra pas le succ\u00e8s escompt\u00e9. Il se fait alors proposer la r\u00e9alisation de <em>A Clockwork Orange<\/em>, qu\u2019il refuse pour se lancer dans un projet qui le hante depuis longtemps\u00a0: <em>Walkabout<\/em>. S\u2019il serait facile aujourd\u2019hui de juger que cette d\u00e9cision lui aura co\u00fbt\u00e9 la gloire, force est d\u2019admettre qu\u2019il a tout de m\u00eame accompli un travail incroyable avec son premier vrai film en solo. Et surtout, on se demande \u00e0 quoi aurait ressembl\u00e9 le grand classique du cin\u00e9ma dystopique avec Roeg \u00e0 la r\u00e9alisation!<\/p>\n<p><em>Walkabout<\/em>, c\u2019est avant tout un roman initiatique tr\u00e8s important en Australie. Il y poss\u00e8de l\u00e0-bas la m\u00eame renomm\u00e9e que <em>Lord of the Flies<\/em> mondialement. L\u2019histoire se campe dans l\u2019Outback australien. Une jeune adolescente (Jenny Agutter) et son fr\u00e8re (Luc Roeg, le fils du r\u00e9alisateur), vivant \u00e0 Adelaide, vont dans le d\u00e9sert avec leur p\u00e8re (John Meillon) pour y faire un pique-nique. Puis, comme en transe, le p\u00e8re d\u00e9cide de tirer sur ses enfants, avant de mettre le feu \u00e0 sa voiture et se suicider. Les enfants, \u00e9tant parvenus \u00e0 se cacher derri\u00e8re un gros rocher, se retrouvent cependant en plein milieu du d\u00e9sert, sans savoir o\u00f9 aller pour retrouver la \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb. La jeune adolescente guide ainsi son fr\u00e8re au sommet de montagnes pour tenter d\u2019apercevoir un quelconque signe de vie, en vain.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2033\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4-768x432.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-4-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques jours sans eau et nourriture, ils trouvent une oasis. Ils s\u2019y arr\u00eatent, seulement pour constater que l\u2019eau a disparue le lendemain. Heureusement pour eux, un aborig\u00e8ne (David Gulpilil) en train de faire son \u00ab\u00a0Walkabout\u00a0\u00bb \u2013 sorte de rite de passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte o\u00f9 un jeune doit passer 6 mois dans le d\u00e9sert sans mourir \u2013 vient leur indiquer comment trouver de l\u2019eau dans le d\u00e9sert. Les trois forment alors un groupe, deviennent m\u00eame une sorte de famille (un p\u00e8re, une m\u00e8re et un jeune gar\u00e7on) et d\u00e9ambulent ainsi pendant plusieurs semaines.<\/p>\n<p>Ce genre de r\u00e9cit est assez classique, et on serait en droit de s\u2019attendre \u00e0 un film traditionnel de l\u2019aborig\u00e8ne qui vient en aide aux deux jeunes blancs, d\u00e9pourvus de tout moyen dans un environnement hostile. Toutefois, c\u2019est la fa\u00e7on dont Roeg pr\u00e9sente le tout qui fait de <em>Walkabout<\/em> un excellent film. Adoptant un style quasi documentaire, il suit ses protagonistes de loin, sans jugement quelconque, et il semble vouloir observer comment ses personnages vont se d\u00e9brouiller dans cet environnement qu\u2019ils ne connaissent pas. Vont-ils adapter leur mode de vie bourgeois \u00e0 celui de l\u2019aborig\u00e8ne pour survivre? Vont-ils se plaire dans ce nouveau mode de vie, et bouder leur ancien? Quelle relation va se cr\u00e9er entre les deux jeunes et l\u2019aborig\u00e8ne? Le film apporte quelques pistes de r\u00e9ponse (que l\u2019on ne vous d\u00e9voilera pas, bien \u00e9videmment), mais laisse aussi beaucoup de place \u00e0 interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>Le montage, dans ce film comme dans plusieurs autres de Roeg, est ce qui frappe le plus d\u00e8s le d\u00e9part. Tr\u00e8s saccad\u00e9, il juxtapose \u00e0 plusieurs moments des images fortes de contraste entre les deux modes de vie assez pr\u00e9sents en Australie, soit celui des aborig\u00e8nes et celui des villes. Si cela peut sembler trop \u00e9vident par moments, d\u2019autres juxtapositions sont plus subtiles, notamment celle o\u00f9 des aborig\u00e8nes \u00ab\u00a0jouent\u00a0\u00bb avec la carcasse de la voiture en flamme alors que les deux jeunes \u00ab\u00a0jouent\u00a0\u00bb dans les arbres. Chacun t\u00e2te des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019univers de l\u2019autre, mais s\u2019en d\u00e9sint\u00e9resse assez rapidement. Un autre \u00e9l\u00e9ment de contraste \u00e9voqu\u00e9 par Roeg est la dualit\u00e9 entre la vie et la mort. Les deux jeunes, en plein d\u00e9sert, se sentent seuls au monde. Ils per\u00e7oivent leur environnement comme vide, sans vie. Roeg, lors de ces moments, ajoute des images de type documentaire o\u00f9 l\u2019on voit des animaux qui habitent l\u2019Outback, qui sont sur leur territoire. Pas toujours subtiles, mais fortes en significations, ces sc\u00e8nes ajoutent une profondeur d\u2019analyse impressionnante \u00e0 <em>Walkabout<\/em>. On ne peut pas, en un seul visionnement, comprendre toutes les symboliques, notamment celles se rattachant \u00e0 la religion.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2036\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"735\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-scaled.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-300x215.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-150x108.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-768x552.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-1536x1103.jpg 1536w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/04\/Walkabout-7-2048x1471.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>Un autre aspect marquant du film est son visuel magnifique. Roeg, en tant qu\u2019ancien directeur photo, sait parfaitement jouer avec la lumi\u00e8re, l\u2019environnement et ses personnages pour cr\u00e9er des plans magnifiques (comme en t\u00e9moigne la pochette de l\u2019\u00e9dition Criterion du film, d\u2019ailleurs). Certes, j\u2019ai eu droit \u00e0 la version restaur\u00e9e du film, mais on doit admettre qu\u2019il a cette vision incroyable d\u2019esth\u00e9tisme. La musique, quant \u00e0 elle, est sign\u00e9e du l\u00e9gendaire John Barry (la plupart des James Bond, <em>Dances with Wolves<\/em>) et allie musique traditionnelle (men\u00e9e par le didjeridoo) et musique radiophonique populaire (du Rod Stewart, notamment). Cela accentue \u00e9videmment le contraste que veut pr\u00e9senter Roeg tout au long du film.<\/p>\n<p><em>Walkabout<\/em> est un film qui est venu toucher mes cordes sensibles. J\u2019aime ces films o\u00f9 les personnages d\u00e9ambulent dans des environnements sublimes en tentant de retrouver leur chemin, voire de survivre. Cela rappelle un peu <em>Into the Wild<\/em>, <em>Cast Away<\/em> ou encore <em>127 Hours<\/em>. Mais c\u2019est \u00e9galement un film qui va au-del\u00e0 de l\u2019histoire et qui doit se vivre. C\u2019est un film qui, d\u00e8s sa conclusion, m\u2019a donn\u00e9 envie de le visionner de nouveau, ne serait-ce que pour tenter de percer tous ses myst\u00e8res et ses symboliques. C\u2019est un grand film qui fr\u00f4le la perfection et qui vous plaira \u00e9videmment plus si vous aimez ce genre de th\u00e9matiques.<\/p>\n<p><em>Fait partie de la <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/collection-criterion\/\">Collection Criterion<\/a> (#10).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le britannique Nicolas Roeg est assur\u00e9ment l\u2019un des r\u00e9alisateurs les plus m\u00e9connus de l\u2019histoire. 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