{"id":2180,"date":"2020-05-18T07:46:13","date_gmt":"2020-05-18T05:46:13","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=2180"},"modified":"2020-06-08T02:49:12","modified_gmt":"2020-06-08T00:49:12","slug":"summertime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/05\/18\/summertime\/","title":{"rendered":"Summertime"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2184\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-5.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"746\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-5.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-5-300x219.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-5-150x109.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-5-768x560.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1075\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-35-e1578868470262.png\" alt=\"\" width=\"119\" height=\"30\" \/><\/p>\n<p><em>Lawrence of Arabia<\/em>. <em>The Bridge on the River Kwai<\/em>. <em>Doctor Zhivago. A Passage to India<\/em>. On associe bien \u00e9videmment ces films au grand r\u00e9alisateur britannique David Lean. Pourtant, ce serait laisser de c\u00f4t\u00e9 une tr\u00e8s grande partie de sa filmographie, au sein de laquelle, parmi les films \u00e9piques pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9s, se trouvent divers drames plus intimistes, sobres et surtout tourn\u00e9s au Royaume-Uni. Ce sont par exemple les deux adaptations des romans de Charles Dickens (<a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/07\/07\/great-expectations\/\"><em>Great Expectations<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2020\/06\/08\/oliver-twist\/\"><em>Oliver Twist<\/em><\/a>) ou encore le drame romantique <em>Brief Encounter<\/em>. Bref, quand on parle \u00e0 David Lean, <em>Summertime <\/em>n\u2019est donc pas le premier film qui nous vient \u00e0 l\u2019esprit. Toutefois, il rev\u00eat une importance capitale pour le r\u00e9alisateur qui, avec ce projet, fait la transition entre ses r\u00e9cits plus intimes et ses grosses productions hollywoodiennes. Lean consid\u00e8re d\u2019ailleurs <em>Summertime <\/em>comme son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 parmi ceux qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n<p>Jane Hudson (la toujours surprenante Katharine Hepburn), une secr\u00e9taire retrait\u00e9e d\u2019Akron, Ohio, est en voyage en Europe. Apr\u00e8s un g\u00e9n\u00e9rique d\u2019ouverture color\u00e9 qui d\u00e9peint son p\u00e9riple jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, on la retrouve alors qu\u2019elle arrive, seule, \u00e0 Venise, la ville des amoureux. En se rendant \u00e0 la <em>Pensione Fiorini<\/em>, une auberge dirig\u00e9e par la <em>signora<\/em> Fiorini (Isa Miranda), elle fait la connaissance des McIlhenny (Jane Rose et MacDonald Parke), des touristes am\u00e9ricains en plein <em>Eurotrip<\/em>. Les Yaeger (Darren McGavin et Mari Aldon) logent \u00e9galement \u00e0 la pension. Bref, il n\u2019y a que des couples, ce qui renforce \u00e9videmment le sentiment de solitude qui habite Jane. En partant explorer la ville, elle fait bri\u00e8vement la rencontre de Renato de Rossi (Rossano Brazzi) sur la Place Saint-Marc, avant de le croiser \u00e0 nouveau le lendemain, alors qu\u2019elle entre dans le commerce qu\u2019il poss\u00e8de pour acheter un souvenir. D\u00e9cid\u00e9ment, le hasard fait bien les choses\u2026<\/p>\n<p>En fait, toute l\u2019histoire est construite autour de cette rencontre fortuite, qui \u00e9voluera bien \u00e9videmment en relation amoureuse avec son lot de rebondissements. Que serait un voyage \u00e0 Venise sans histoire d\u2019amour? On suit ainsi Jane et Renato alors qu\u2019ils vivent des moments inoubliables, et ce malgr\u00e9 le fait qu\u2019il soit mari\u00e9. Il assure tout de m\u00eame que lui et sa femme ont une relation \u00ab\u00a0particuli\u00e8re\u00a0\u00bb qui lui permet de vivre \u00e0 l\u2019occasion des aventures du genre. Jane vit cependant mal cette situation, du moins au d\u00e9but.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2181\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-2.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-2.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-2-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-2-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-2-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>Si le sc\u00e9nario vous semble assez simple, vous ne r\u00eavez pas. Il y a tr\u00e8s peu de p\u00e9rip\u00e9ties dans <em>Summertime<\/em>. Certes, on suit \u00e9galement la relation particuli\u00e8re entre Jane et Mauro (Gaetano Autiero), un jeune gar\u00e7on de la rue qui pi\u00e8ge les touristes, qui am\u00e8ne un peu de texture \u00e0 la trame narrative. On a d\u2019ailleurs droit \u00e0 une sc\u00e8ne marquante o\u00f9 l\u2019enfant de 8 ans se met \u00e0 fumer une cigarette offerte par Jane, ce n\u2019est pas rien! Le r\u00e9cit principal, quant \u00e0 lui, est assez oubliable, malheureusement. C\u2019est une histoire que plusieurs c\u00e9libataires en voyage auront peut-\u00eatre v\u00e9cue et qui pourra rem\u00e9morer des souvenirs de voyages marquants. Pour les autres, vous n\u2019\u00e9prouverez probablement pas un grand attachement \u00e0 la relation entre Jane et Renato.<\/p>\n<p>Pourtant, la force de <em>Summertime <\/em>ne r\u00e9side pas dans l\u2019histoire, mais bien dans le visuel global du film, qui est sublime. Premier film en couleur de David Lean, on remarque tout de suite l\u2019ambition du r\u00e9alisateur \u00e0 repr\u00e9senter Venise sous tous ses angles. C\u2019est le genre de film o\u00f9 de tr\u00e8s longs plans fixes mettent en images les lieux importants de la ville, de la Place Saint-Marc au Grand Canal en passant par le Pont Rialto. Si cela pourrait en rebuter quelques-uns, j\u2019admets avoir \u00e9t\u00e9 charm\u00e9 par les couleurs \u00e9clatantes et la beaut\u00e9 des plans mis en sc\u00e8ne par Lean. L\u2019importance du film tient plus \u00e0 sa valeur archivistique, historique, qu\u2019\u00e0 ce qui fait d\u2019un film un bon produit. Oui, on a droit encore une fois \u00e0 une excellente performance d\u2019Hepburn en femme forte et ind\u00e9pendante (ce qu\u2019elle \u00e9tait dans la vraie vie, d\u2019ailleurs). Tr\u00e8s vite, cependant, on se met \u00e0 vouloir voir de plus en plus d\u2019images de la ville, et l\u2019histoire devient rapidement secondaire. En ce sens, <em>Summertime<\/em> semble plus sorti de l\u2019office de tourisme v\u00e9nitien que d\u2019un studio d\u2019Hollywood. Il s\u2019\u00e9l\u00e8ve donc aux c\u00f4t\u00e9s des excellents films de voyage que sont <em>The Motorcycle Diaries<\/em>, <em>Wild<\/em>, <em>The Darjeeling Limited<\/em> et <em>Into the Wild<\/em>, entre autres.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2183\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-4.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-4.jpg 1024w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-4-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-4-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2020\/05\/Summertime-4-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/p>\n<p>N\u2019enlevons pas tout au sc\u00e9nario, quand m\u00eame. Il y a en effet quelques messages qui r\u00e9sonnent encore aujourd\u2019hui, notamment concernant le tourisme. Si Venise a toujours \u00e9t\u00e9 une destination pris\u00e9e, on remarque d\u00e9j\u00e0 en 1955 un certain cynisme face \u00e0 cette industrie, que ce soit au niveau des prix \u00e9lev\u00e9s, des produits \u00ab\u00a0attrape-touristes\u00a0\u00bb ou des compagnies de voyages organis\u00e9s. Les McIlhenny, couple \u00e2g\u00e9 parcourant le monde pendant quelques mois, sont le st\u00e9r\u00e9otype du touriste am\u00e9ricain d\u00e9connect\u00e9 et \u00e9merveill\u00e9 au moindre petit \u00e9l\u00e9ment \u00ab\u00a0exotique\u00a0\u00bb. Il y a aussi quelques messages f\u00e9ministes v\u00e9hicul\u00e9s par Hepburn concernant la notion de \u00ab\u00a0vieille fille\u00a0\u00bb, plus taboue \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019aujourd\u2019hui. \u00ab <em>In America, every female under fifty calls herself a girl. <\/em><em>After fifty, who cares?<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>En contexte de confinement, force est d\u2019admettre que le film a d\u00e9cid\u00e9ment suscit\u00e9 des envies de voyager. En ce sens, il a atteint, je crois, son objectif principal. Sa romance ne m\u2019a pas fait vivre les \u00e9motions voulues, sauf peut-\u00eatre \u00e0 la fin qui, m\u00eame si elle est pr\u00e9visible, est int\u00e9ressante. En repla\u00e7ant le film dans son contexte, on remarque que c\u2019est une vision assez romantique de l\u2019Europe et des Europ\u00e9ens qui est pr\u00e9sent\u00e9e. Elle fait un peu contraste avec les films italiens de l\u2019\u00e9poque, ou tout simplement des films europ\u00e9ens qui viendront dans les ann\u00e9es 1960 (avec la Nouvelle Vague entre autres), o\u00f9 l\u2019on a une vision tr\u00e8s grise et pessimiste d\u2019une Europe d\u2019apr\u00e8s-guerre aux prises avec plusieurs maux sociaux. Cette vision assez romantique, voire m\u00eame touristique de Venise n\u2019est enfin pas tr\u00e8s loin de celle que les \u00e9trangers peuvent s\u2019en faire en observant bri\u00e8vement le temps de quelques jours ou semaines la \u00ab\u00a0fa\u00e7ade\u00a0\u00bb d\u2019un pays.<\/p>\n<p><em>Fait partie de la <a href=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/collection-criterion\/\">Collection Criterion<\/a> (#22).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lawrence of Arabia. The Bridge on the River Kwai. Doctor Zhivago. A Passage to India. 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