{"id":48,"date":"2019-10-03T21:07:27","date_gmt":"2019-10-03T19:07:27","guid":{"rendered":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/?p=48"},"modified":"2020-01-26T15:06:34","modified_gmt":"2020-01-26T14:06:34","slug":"les-4-soldats","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/2019\/10\/03\/les-4-soldats\/","title":{"rendered":"Les 4 soldats"},"content":{"rendered":"\r\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"635\" height=\"357\" class=\"wp-image-50\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1.jpg 635w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1-150x84.jpg 150w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1-600x337.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 635px) 100vw, 635px\" \/><\/figure>\r\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1075\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/12\/Rating-35-e1578868470262.png\" alt=\"\" width=\"119\" height=\"30\" \/><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le r\u00e9alisateur v\u00e9t\u00e9ran Robert Morin revient en force en 2013 avec <\/strong><em><strong>Les 4 soldats<\/strong><\/em><strong>, un drame post-apocalyptique tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral. Genre tr\u00e8s peu exploit\u00e9 dans le cin\u00e9ma qu\u00e9b\u00e9cois, ce film audacieux fait contraste avec les productions cin\u00e9matographiques de son temps. Sacr\u00e9 meilleur film qu\u00e9b\u00e9cois au festival Fantasia, <\/strong><em><strong>Les 4 soldats<\/strong><\/em><strong> se veut moins un film de guerre traditionnel et plus une \u00e9tude de personnage. Pari r\u00e9ussi? <\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un jeu brechtien tr\u00e8s r\u00e9ussi<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rappelons bri\u00e8vement les pr\u00e9misses du r\u00e9cit. Dans un Qu\u00e9bec (?) ravag\u00e9 par la guerre civile, deux clans se sont form\u00e9s. L\u2019arm\u00e9e, qui soutient les plus riches, et les forces paramilitaires, form\u00e9es principalement des laiss\u00e9s-pour-contre. C\u2019est au sein de l\u2019une de ces forces que quatre soldats se lient d\u2019amiti\u00e9 au cours d\u2019une p\u00e9riode d\u2019accalmie des conflits. Dominique (Camille Mongeau), son mentor Mat\u00e9o (Christian de la Cortina), Big Max (Antoine Bertrand) et Kevin (Aliocha Schneider) partagent le secret de l\u2019emplacement d\u2019un \u00e9tang, o\u00f9 ils prennent plaisir \u00e0 se baigner \u00e0 chaque jour. Leur dynamique est chamboul\u00e9e quand Gabriel (Antoine L\u2019\u00c9cuyer), un adolescent muni d\u2019un calepin dans lequel il jette ses pens\u00e9es, se joint \u00e0 eux. D\u2019abord r\u00e9ticents, les quatre protagonistes parviendront \u00e0 l\u2019inclure au groupe, avant que les conflits ne reprennent de plus belle.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les interpr\u00e8tes jouent parfaitement sur un ton brechtien, c\u2019est-\u00e0-dire sur en distanciant l\u2019acteur ou l\u2019actrice de son personnage. Dominique, narratrice du r\u00e9cit, expose ses sentiments aux spectateurs et spectatrices tout au long du r\u00e9cit, \u00e0 la fa\u00e7on des apart\u00e9s th\u00e9\u00e2traux. On explore les r\u00e9flexions internes des personnages plut\u00f4t qu\u2019observer ext\u00e9rieurement les \u00e9motions des soldats, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un film de guerre traditionnel. Cela ajoute au sentiment angoissant de la situation. Si Mongeau joue tr\u00e8s bien son r\u00f4le, Bertrand personnifie \u00e0 merveille Big Max, un colosse simple d\u2019esprit. Sa performance ne verse pas dans le ridicule et il s\u2019efforce \u00e0 rendre son personnage attachant.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On se d\u00e9sole toutefois que les autres personnages, principalement celui de Gabriel, ne soient pas \u00e0 la hauteur du talent des acteurs. On peine \u00e0 comprendre en quoi il vient perturber la routine des quatre soldats, et L\u2019\u00c9cuyer est sous-utilis\u00e9 par Morin. Mat\u00e9o a quelques passages \u00e9motifs, mais trop peu pour assumer pleinement le r\u00f4le de leader du groupe. Le personnage de Kevin est le plus d\u00e9laiss\u00e9, bien que son importance ne prenne sens que vers la fin du film.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"922\" height=\"615\" class=\"wp-image-51\" src=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2.jpg 922w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2-768x512.jpg 768w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2-600x400.jpg 600w, https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-2-210x140.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 922px) 100vw, 922px\" \/>\r\n<figcaption>M\u00e9tropole Films<\/figcaption>\r\n<\/figure>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un film de guerre pas comme les autres<\/strong><\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le r\u00e9cit, inspir\u00e9 du roman de Hubert Mingarelli, se construit surtout autour des non-vus. On n\u2019obtient jamais vraiment de contexte sur la situation qui r\u00e8gne. En avons-nous vraiment besoin? Pas vraiment, puisque l\u2019on croit en la plausibilit\u00e9 de la situation, et l\u2019accent est surtout mis sur une semi-psychanalyse du personnage de Dominique. Elle livre ses impressions \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une narratrice participative, d\u00e9crivant au pass\u00e9 les actions que l\u2019on observe \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Pari audacieux, mais tenu par Morin.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le ton de la narration est assez neutre, cependant, ce qui rend le r\u00e9cit peu dynamique. Il faut s\u2019armer de patience, puisque peu de p\u00e9rip\u00e9ties viennent activer le r\u00e9cit. En ayant le bon \u00e9tat d\u2019esprit, toutefois, on se laisse guider par les protagonistes. Le film nous am\u00e8ne quelques pistes de r\u00e9flexions, laissant par contre les r\u00e9ponses libres d\u2019interpr\u00e9tation. <em>Les 4 soldats<\/em> vire en effet en r\u00e9cit contemplatif et r\u00e9flectif, qui en laissera cependant plus d\u2019un sur leur faim. C\u2019est tout de m\u00eame une exp\u00e9rience int\u00e9ressante pour qui veut s\u2019y aventurer.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au final, le film est assez immersif, gr\u00e2ce aux prouesses de Morin et de son \u00e9quipe, qui parviennent \u00e0 recr\u00e9er une ambiance \u00e0 la fois sinistre et r\u00e9confortante, en des temps o\u00f9 la qui\u00e9tude est une denr\u00e9e rare. L\u2019univers est assez convaincant, et on prend un certain plaisir \u00e0 voir cro\u00eetre l\u2019amiti\u00e9 de la troupe, qui sont maintenant plus une famille que des amis. \u00ab\u00a0J\u2019me suis dit qu\u2019il fallait \u00e9crire notre histoire, avant qu\u2019elle existe pu\u00a0\u00bb, de dire une Camille en larmes \u00e0 la fin du film. Cette histoire singuli\u00e8re, mais \u00e0 laquelle on peut s\u2019identifier, est un t\u00e9moignage poignant d\u2019ordre et de raison dans une contr\u00e9e qui inspire tout le contraire.<\/p>\r\n\r\n\r\n\r\n<table class=\"wp-block-table\">\r\n<tbody>\r\n<tr>\r\n<td>Interpr\u00e9tations<\/td>\r\n<td>3.5\/5<\/td>\r\n<td>&#8211; Les acteurs et actrices suivent tr\u00e8s bien le ton appos\u00e9 au film.<br \/>&#8211; Antoine Bertrand offre assur\u00e9ment la meilleure performance du groupe, suivi de pr\u00e8s par Camille Mongeau. <br \/>&#8211; Sous-utilisation des autres membres du groupe, notamment d\u2019Antoine L\u2019\u00c9cuyer.<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Sc\u00e9nario<\/td>\r\n<td>3\/5<\/td>\r\n<td>Le style brechtien impose une r\u00e9flexion constante sur la situation et les \u00e9motions des personnages. Tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral, le sc\u00e9nario se veut tr\u00e8s introspectif, et une bonne r\u00e9flexion sur la guerre. D\u2019une lenteur assum\u00e9e, le r\u00e9cit parvient tout de m\u00eame \u00e0 captiver l\u2019attention, \u00e0 ceux et celles qui voudront lui \u00eatre patient.<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Aspects techniques<\/td>\r\n<td>4\/5<\/td>\r\n<td>La r\u00e9alisation de Morin est efficace. La cin\u00e9matographie toute en grisaille rehausse la banalit\u00e9 des paysages et d\u00e9cors choisis. \u00a0<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Ambiance<\/td>\r\n<td>4.5\/5<\/td>\r\n<td>L\u2019ambiance est tr\u00e8s r\u00e9ussie, malgr\u00e9 le peu de budget habituel des productions qu\u00e9b\u00e9coises. Les d\u00e9cors sont simples mais efficaces, et les lieux sont inh\u00e9remment post-apocalyptique. La musique aurait gagn\u00e9 \u00e0 \u00eatre plus pr\u00e9sente.<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td>Appr\u00e9ciation personnelle<\/td>\r\n<td>3.5\/5<\/td>\r\n<td>C\u2019est un style qui vient beaucoup chercher mes cordes sensibles. M\u00eame si le film ne pousse pas assez loin son univers, c\u2019est une belle \u00e9tude de caract\u00e8re, tr\u00e8s intime et sensible. Le film passe tr\u00e8s rapidement, malgr\u00e9 qu\u2019il ne soit pas le plus dynamique (il est tout de m\u00eame assez court, avouons-le). Il aurait gagn\u00e9 \u00e0 ajouter quelques p\u00e9rip\u00e9ties.<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<tr>\r\n<td><strong>Total<\/strong><\/td>\r\n<td><strong>74%<\/strong><\/td>\r\n<td>C\u2019est une belle d\u00e9couverte d\u2019un film qui est pass\u00e9 sous le radar \u00e0 sa sortie en 2013. C\u2019est un genre qui tarde \u00e0 \u00eatre exploit\u00e9 au Qu\u00e9bec, si ce n\u2019est du tr\u00e8s bon <em>Les Affam\u00e9s<\/em> sortis quatre ans plus tard. Il faut toutefois \u00eatre dans un bon \u00e9tat d\u2019esprit pour exploiter au maximum le potentiel de <em>Les 4 soldats<\/em>.<\/td>\r\n<\/tr>\r\n<\/tbody>\r\n<\/table>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9alisateur v\u00e9t\u00e9ran Robert Morin revient en force en 2013 avec Les 4 soldats, un drame post-apocalyptique tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral. Genre tr\u00e8s peu exploit\u00e9 dans le&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":50,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","footnotes":""},"categories":[256,95,3,100],"tags":[44,43,41,42,20,46,40,39],"class_list":["post-48","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-256","category-action","category-critique","category-drame","tag-aliocha-schneider","tag-antoine-bertrand","tag-camille-mongeau","tag-christian-de-la-cortina","tag-film-quebecois","tag-hubert-mingarelli","tag-les-4-soldats","tag-robert-morin"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-content\/uploads\/sites\/29\/2019\/10\/4-soldats-1.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1107,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48\/revisions\/1107"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media\/50"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/historiamatica.ca\/cine-histoire\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}